Jeudi 16 mai, Écolo-Virton a organisé une conférence débat avec Luc Barbé, auteur d’un livre tout récent intitulé ‘La N-VA expliquée aux francophones ». Une soirée riche en explications sur ce qui a permis à ce « phénomène politique » qu’est la N-VA d’émerger et de se développer dans le contexte politique flamand et belge de l’époque.

La N-VA expliquée aux francophones, éditions Étopia, 370p, 17€ dans toutes les librairies ou en le demandant à info@etopia.be

Le premier chapitre est à lire gratuitement ici

Un podcast du résumé du livre avec l’auteur ici

Jeudi, c’est Christophe Gavroy qui introduisit l’orateur, par ces mots:

Bonsoir,

Parler de la N-VA, nieuwe-vlaamse alliantie, à Virton, mais bon sang pourquoi donc ?

La Flandre est à 150 km, certes moins loin que Bruxelles, mais tout de même…

Parler de la N-VA c’est un moyen de parler de nous, de l’image qu’une partie de la Flandre nous renvoie, des clichés qui s’y installent.

Parler de la N-VA, c’est parler d’autres clichés, ceux que nous cultivons à l’égard de ce parti politique qui a fait tant de bruit et qui n’a pas d’équivalent côté francophone. C’est parler de tous les autres clichés à l’égard de la Flandre et des flamands.

Parler de la N-VA, c’est parler de la Belgique dont Virton fait partie intégrante quand bien même nous, c’est la France que nous « voyons » chaque fois que nous levons les yeux vers le sud. Nous écoutons également beaucoup plus souvent des commentaires de la politique française que de la Région flamande. Avouons-le, pour la plupart d’entre nous, nous sommes très ignorants de nos « amis flamands ».

Parler de la Belgique, de son présent et de son futur, parler de politique belge, c’est, depuis 15 ans, parler de la N-VA.

Partant du constat que les médias francophones et flamands font trop souvent l’impasse sur leurs actualités mutuelles, alimentant ainsi les incompréhensions et les clichés, “La N-VA expliquée aux francophones”, le livre écrit par Luc, démonte les caricatures et analyse la méconnaissance et les préjugés qui règnent entre les communautés du royaume.

Luc Barbé n’a pas produit un ouvrage partisan mais un ouvrage d’analyse, comme il en fait régulièrement dans des cartes blanches dans « De Morgen » et, côté francophones, dans « Le Vif ». Des cartes blanches spécifiques, pas des traductions.

Car Luc connaît très bien les deux côtés de la « frontières » linguistiques et des peuples qui y vivent et y font de la politique. Depuis 30 ans il apprend, tous les jours, sur « nous », sur « eux », sur les politiques que les uns et les autres mènent, sur les ressemblances et les dissemblances, sur les malentendus, involontaires ou entretenus.

Député Vert flamand « Agalev » de 91 à 95 (à une époque où les députés des Réions n’étaient pas encore élus directement mais étaient les mêmes députés et sénateurs), Secrétaire politique du groupe « Ecolo-Agalev » puis « Ecolo-Groen », un de ces lieux de rencontre privilégiés entre Verts du Nord et du sud, Chef de cabinet d’Olivier Deleuze, secrétaire d’État à l’énergie de 99 à 2003.
Luc, je suis sûr que tu sais qu’Elie Deworme, un des prédécesseurs d’Olivier comme Secrétaire d’État à l’énergie qui a participé à la mise en place le nucléaire belge, est de Virton et même de Ethe où nous sommes ce soir…

Ironie,  Luc est l’auteur de « Kernenergie in de Wetstraat, dissectie van de deals » (2005) et de « La Belgique et la bombe. Du rêve atomique au rôle secret dans la prolifération nucléaire ».

Bref, depuis 30 ans, Luc tend des fils entre deux communautés linguistiques. C’est rare, c’est précieux et nous tenions à vous en faire profiter.

Après son exposé, ce sera le moment des échanges puis des discussions autour d’un verre ou même de plusieurs.

Bonne soirée.

Christophe

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