La majorité virtonnaise (commune et CPAS) a décidé, d’initiative, de faire appel aux services du CRAC (centre régional d’aide aux communes). Nicolas Schiltz côté CPAS, François Culot et Alain Claudot côté commune ont fait état de la décision simultanée des deux institutions.

Qu’est-ce que le CRAC ?

Le CRAC pour « Centre régional d’Aide aux Communes » est un « Organisme d’Intérêt Public créé au sein de la Région Wallonne pour pouvoir répondre aux objectifs suivants:

  • apporter une solution structurelle à la problématique des déficits de trésorerie des Communes au moyen du Compte Régional pour l’Aide aux Communes;
  • contribuer par une mission d’accompagnement et de conseils en matière de gestion financière à l’équilibre budgétaire durable des Pouvoirs locaux. ». En savoir plus ici

C’est dans le cadre de ce second objectif que la décision a été prise.

Pourquoi faire appel au CRAC  ?

Après examen des finances communales et du CPAS et une année de fonctionnement, il nous faut constater un déséquilibre structurel des finances. Cela signifie que les recettes ne parviennent plus à équilibrer les dépenses. Sans action au niveau de la structure des dépenses, la trajectoire épuisera à moyen terme les fonds de réserve -les « bas de laine » de la commune et du CPAS. Pour la majorité IC-Ecolo-E.A., il n’est pas question de les épuiser sans nouvelles perspectives de finances équilibrées.

C’est grave Docteur ?

Virton est une commune qui a des ressources, des entreprises sont installées sur son territoire, les bois couvrent la moitié de sa surface, elle dispose d’un certain potentiel touristique, etc.

Le hic c’est que la belle mécanique de l’obligatoire équilibre annuel entre recettes et dépenses s’enraye du côté des dépenses.

Donc, sans prendre de mesures, oui, ça pourrait devenir grave. C’est précisément pour éviter cela que la majorité a décidé de se faire conseiller.

Quel est le problème ?

Du côté des recettes

Les recettes globales sur lesquelles la commune peut compter sont à la baisse. Il ne s’agit pas d’une lente érosion mais bien de plusieurs évènements brutaux de natures différentes à savoir :

  • d’imprévisibles dégrèvements de précomptes immobiliers de plusieurs entreprises. Concrètement cela signifie une ponction brutale sur la trésorerie communale de la part de l’État fédéral ayant donné une suite favorable à des demandes de diminution de précompte. Cela se chiffre en millions d’euros vu la rétroactivité de 5 ans. Burgo lors de la législature précédente, Jindal en début de celle en cours ;
  • outre la récupération, le manque à gagner devient ensuite récurrent : plusieurs centaines de milliers d’euros annuels ;
  • les bois scolytés, comme partout en Wallonie, souffrent de deux dévaluations : d’une part, un bois malade est toujours sous-évalué quand bien même ses qualités techniques restent identiques (il se colore, ce qui limite ses débouchés) et d’autre part le marché se sature. Les prix sont en baisse de l’ordre 50 %;
  • et pour couronner le tout, la peste porcine africaine (PPA) nous empêche d’exploiter les autres essences en zone d’interdiction, ce qui reporte les recettes à plus tard et impacte immédiatement notre trésorerie. La PPA impacte également les recettes par le manque à gagner de l’abattoir, l’horeca, les nuitées…
Du côté des dépenses

De nouvelles dépenses viennent alourdir la barque. N’en évoquons qu’une seule, la piscine, qui pèse plus de 500.000€ annuels. Neuve, attendue, il faut bien sûr l’assumer.

À côté de ça, les dépenses ordinaires évoluent sans aucune prise de la part de la commune comme la zone de secours, la zone de police, Vivalia, etc.

Et du côté du CPAS ?

Le CPAS est très dépendant de la commune au travers de « l’intervention communale ». Bloquée depuis plusieurs années, elle reste tributaire de la bonne santé financière de la commune. De plus, le CPAS s’est également engagé dans une grosse dépense au profit de toute la population en lançant le chantier de l’extension du home l’Amitié. Le fonds de réserve du CPAS ne pourra pas supporter l’investissement au-delà de 2021, ce qui impliquera d’office une intervention communale supplémentaire. Le déséquilibre entre les recettes et les dépenses est, là aussi patent. Le feu est à l’orange.

Que faire ?

Comme pour le budget d’un ménage : lorsqu’un déséquilibre s’installe entre les revenus et les dépenses, il faut réévaluer chaque poste. Augmenter les recettes et/ou diminuer les dépenses.

Ce processus a déjà été entamé. Il s’avère néanmoins utile, pour prendre les meilleures décisions, les moins douloureuses, de disposer d’outils d’analyse financière supplémentaires et d’aides à la décision.

Cela tout en restant maîtres de nos choix futurs, maîtres de notre destin.

La majorité communale a la volonté de continuer d’investir pour le bien-être de nos concitoyens ou encore pour des investissements productifs d’économie ou de production d’énergie.

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